Charte professionnelle des bonnes pratiques dans le champ des arts visuels en région Grand-Est
Après des formations exigeantes à la maîtrise technique et l’autonomie créatrice, leur engagement professionnel et personnel de tous les instants dépasse le cadre admis de la production d’objets précieux.Par leurs attitudes, leurs réponses créatives et inattendues aux enjeux fondamentaux de notre temps, les artistes interviennent là où on attend leur présence et parfois, de plus en plus souvent même, en des endroits où celle-ci surprend et fait voir le monde autrement. Le monde et nous-mêmes, nos relations avec le monde et entre nous.A la différence d’autres professions artistiques en France, les artistes du champ des arts visuels ne sont pas identifiés en tant que tels par la puissance publique. Précaires pour la plupart, bien que porteuses et porteurs de connaissance, de talent, d’idées et de valeurs majeures, ce sont des femmes et des hommes dont le quotidien échappe aux différents droits du travail, leur travail ayant été trop longtemps considéré comme gratuit, donc sans valeur, ou à l’inverse échangé à prix d’or, donc entre quelques privilégiés seulement.
Lorsque en 2017 le Grand Est inaugure sa première année d’existence, le ministère de la Culture ayant proposé un an plus tôt à ses DRAC d’engager des concertations territoriales des arts visuels (SODAVI¹), les réseaux territoriaux des lieux de soutien et de diffusion de l’art contemporain ont souhaité bénéficier de ce dispositif, pour se rencontrer et se connaître, au-delà des anciens territoires régionaux et pour faire connaître davantage leurs actions et réfléchir à leur efficience.
Une étude co-construite par les artistes, les autres acteurs de l’art et un laboratoire de recherche universitaire en sociologie, a permis d’établir un état des lieux partagé, en questionnant l’écosystème des arts visuels sur notre territoire.
Depuis plusieurs années, différentes associations de professionnels ont mis en place des chartes concernant les arts visuels. Une étude nationale a porté sur les mutations de la création artistique dans ce domaine et l’évolution de ses économies, ces trente dernières années durant. Remis au ministre de la Culture le 22 janvier 2020 le «rapport Racine» intitulé «L’auteur et l’acte de création», rédigé par Bruno Racine, conseiller maître à la Cour des comptes, a fait le bilan d’une situation préoccupante et apporté des préconisations.
La charte sera actualisée tous les 5 ans au regard des évolutions et des besoins de l’écosystème de l’art contemporain du Grand Est.